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    Suoni Per il Popolo

    Célébrer ses 15 ans en restant fidèle à son audace

    22 mai 2015 |Philippe Papineau | Musique
    « Notre intérêt est vraiment dans la musique d’avant-garde et expérimentale », explique Peter Burton, directeur général du festival Suoni Per Il Popolo.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir « Notre intérêt est vraiment dans la musique d’avant-garde et expérimentale », explique Peter Burton, directeur général du festival Suoni Per Il Popolo.

    Le festival montréalais Suoni Per Il Popolo (SPIP), qui met en avant la musique expérimentale et d’avant-garde, franchit cette année le stade des quinze années d’existence, ce qui est peu banal quand on se bat pour des artistes proposant des oeuvres pas toujours accessibles aux non-initiés. Mais ne cherchez pas dans la programmation un grand événement anniversaire ou une opération grand public. C’est plutôt en restant fidèle à son audace que « Suoni » soulignera la chose.

     

    Fêter dans l’action, quoi, fêter en avançant, en tentant de mettre en lumière des artistes d’un peu partout dans le monde. Et aussi en donnant une place à plusieurs musiciens du Québec, qu’ils jouent du jazz, de la musique rock, de l’électroacoustique ou tous leurs dérivés « post » ou « anti ».

     

    « Nous ne sommes pas un festival commercial, alors on essaie de rester fidèles à la perspective qui nous a toujours animés, et notre intérêt est vraiment dans la musique d’avant-garde et expérimentale, explique Peter Burton, directeur général du Suoni Per Il Popolo, impliqué dans l’événement depuis presque 10 ans. Notre vision, c’est qu’il n’y a pas une seule avant-garde, ou une seule forme d’expérimentation. Vraiment, notre réalité au XXIe siècle, c’est un monde multiculturel, multipolaire, où il y a toutes sortes d’activités qui se passent en parallèle. »

     

    Avec les années, SPIP a appris à bien jongler avec toutes ses sphères musicales différentes qui se superposent, et qui seront réunies cette année du 4 au 22 juin. Question de survie, explique Burton.

     

    « Le défi, c’est que les attentes et les besoins des musiciens sont très différents selon les milieux. Dans le jazz, ils ne sont pas nerveux de jouer avec un musicien avec qui ils n’ont jamais joué avant, ils sont très ouverts à ça. […] Par contre, un groupe de musique actuelle va vouloir avoir deux semaines de répétitions avant de faire un concert. Alors, on est devenus habitués de travailler avec chacun de ces gens-là comme dans leur propre monde. Sans ça, c’est difficile d’avoir du succès. On ne peut pas prendre la même méthode pour tout le monde. »

     

    Burton croit qu’un autre ingrédient du succès de SPIP est la réflexion autour de la programmation, le festival essayant de présenter les bons concerts aux bons endroits. « On ne veut pas présenter des événements où il n’y a personne. C’est un cliché des événements subventionnés. On veut vraiment qu’il y ait une vitalité, pour que les gens viennent. Et c’est pour ça qu’on a des événements qui vont très bien à la Casa del Popolo ou à la Sala Rossa, parce que ce sont des lieux où les gens veulent aussi aller pour discuter, prendre un verre. Le concert c’est aussi un événement social. »

     

    Quant à la scène d’avant-garde montréalaise, Peter Burton y voit de très belles choses, soulignant que la métropole est capable de générer à la fois des formations très connues et des groupes expérimentaux de qualité. « Beaucoup de Montréalais jouent en Europe parce que la paye est bonne et que les frais de transport sont minimaux. C’est beaucoup plus dur de faire des tournées en Amérique du Nord, car les distances sont immenses. »













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