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    Michael Flynn, le conseiller à la sécurité de Trump, démissionne

    14 février 2017 | Paul Handley - Agence France-Presse à Washington | États-Unis
    Le conseiller à la sécurité nationale et ancien général Michael Flynn
    Photo: Chris Kleponis Agence France-Pressee Le conseiller à la sécurité nationale et ancien général Michael Flynn
    Michael Flynn a tenu quatre jours: le conseiller à la sécurité nationale du président Trump a démissionné lundi soir, moins de 96 heures après les révélations de la presse sur ses contacts inappropriés avec la Russie, alors que Barack Obama était encore en fonction.

    Dans sa lettre de démission, Michael Flynn a reconnu avoir «par inadvertance, trompé le vice-président désigné (Mike Pence) et d’autres personnes avec des informations incomplètes sur (ses) discussions téléphoniques avec l’ambassadeur de Russie».

    Concrètement, au moment même où le gouvernement Obama ordonnait fin décembre des sanctions contre la Russie pour son ingérence présumée dans les élections américaines, Michael Flynn assurait à l’ambassadeur de la Russie à Washington, Sergey Kislyak, que le président désigné Donald Trump serait beaucoup moins sévère.

    Selon le Washington Post et le New York Times, à l’origine vendredi de ces révélations, de telles discussions étaient potentiellement illégales. Le général à la retraite Joseph Kellogg a été aussitôt désigné par la Maison-Blanche pour assurer l’intérim à ce poste stratégique, moins d’un mois après l’arrivée au pouvoir de M. Trump.

    Situation confuse

    «Le président évalue la situation, il parle au vice-président [...] et à plusieurs autres personnes», avait indiqué quelques heures plus tôt lundi le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, alors que la pression montait sur Flynn, lui aussi général à la retraite.

    Lors de ces discussions téléphoniques avec l’ambassadeur de Russie, Michael Flynn était déjà à l’époque à ce poste central dans l’élaboration de la politique étrangère et de sécurité auprès du futur président américain. Mais l’équipe Trump était encore en pleine période de transition, trois semaines avant de prendre officiellement les rênes du pouvoir.

    Facteur aggravant, Michael Flynn avait induit en erreur son propre camp, en particulier Mike Pence, le futur vice-président. Il avait en effet déclaré début janvier que la conversation avec l’ambassadeur n’avait pas porté sur les sanctions, une affirmation reprise publiquement par Mike Pence. Sollicité pour savoir si le président Trump était au courant que M. Flynn avait discuté des sanctions avec l’ambassadeur russe, le porte-parole Sean Spicer a été catégorique lundi: «Non, absolument pas.»

    Dès lundi, les démocrates au Congrès avaient réclamé le renvoi de l’ancien général pour ces accusations «ahurissantes», leurs collègues républicains optant pour le mutisme. Une certitude: les conseillers du président Trump ne se sont pas bousculés pour défendre Michael Flynn pendant le week-end. Ce n’est que lundi après-midi qu’une proche conseillère de Donald Trump a tenté de dissiper le malaise, assurant sur MSNBC que l’ancien soldat bénéficiait «de la confiance totale du président».

    L’un des inspirateurs des idées de Donald Trump sur les questions internationales, Michael Flynn, personnalité controversée, avait conseillé le président américain très tôt dans sa campagne électorale. Et sa nomination avait suscité des remous. Dans le renseignement, beaucoup estimaient qu’il ne convenait pas à ce poste crucial, certains affirmant qu’il avait été retiré de la tête du renseignement militaire (DIA) après seulement deux ans pour cause de mauvaise gestion.

    Proche de la Russie

    L’ancien général de 58 ans avait toujours défendu l’idée d’une relation plus proche avec la Russie. Et ces conversations privées avec l’ambassadeur russe avaient eu lieu alors que les États-Unis venaient de découvrir la possible ingérence de Moscou dans la campagne présidentielle américaine, afin de soutenir Donald Trump.

    Le ministre de la Justice et le Congrès ont lancé des enquêtes distinctes sur de possibles liens entre des conseillers de la campagne Trump et Moscou. Et les agences américaines de renseignement ont d’ores et déjà conclu que le président russe Vladimir Poutine était lui-même intervenu pour interférer dans l’élection.

    Dans leurs éditions de vendredi, les deux journaux américains avaient cité des responsables de la sécurité nationale, sans les identifier. Ceux-ci affirmaient que M. Flynn avait laissé entendre à l’ambassadeur qu’il ne fallait pas trop s’inquiéter des nouvelles sanctions et que les relations s’amélioreraient après l’investiture le 20 janvier. À l’époque, Barack Obama avait décidé de sanctionner quatre personnalités et cinq entités, et il avait aussi expulsé 35 diplomates russes. Lorsque l’existence de ces conversations téléphoniques avait fait surface tout au début de l’année, l’ancien général avait alors nié toute évocation des sanctions.

    Mais M. Flynn était finalement revenu vendredi sur ses propres dénégations, par la voix d’un porte-parole: «Bien qu’il ne se souvienne pas d’avoir parlé des sanctions, il ne peut être certain que le sujet n’a jamais été abordé.» La Maison-Blanche a fait savoir lundi que M. Flynn avait présenté ses excuses au vice-président Pence.












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