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    Trump en difficulté, ses relations avec Moscou en toile de fond

    14 février 2017 22h36 | Jérôme Cartillier - Agence France-Presse à Washington | États-Unis
    Le président américain, Donald Trump
    Photo: Evan Vucci Associated Press Le président américain, Donald Trump

    La Maison-Blanche a tenté mardi de calmer la tempête née de la démission du chef du Conseil de sécurité nationale, Michael Flynn, qui suscite de multiples interrogations sur les relations passées — et futures — de l’équipe de Donald Trump avec la Russie.

     

    Moins d’un mois après sa prise de fonction, et quelques jours après un revers cinglant en justice sur son décret anti-immigration, le président républicain de 70 ans a été contraint de se séparer du personnage central de son équipe rapprochée sur les affaires étrangères, qui fut aussi l’un des piliers de sa campagne.

     

    Mis en cause pour ses contacts avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergey Kislyak, le général Flynn a jeté l’éponge lundi soir. Dans sa lettre de démission, il a reconnu avoir « par inadvertance trompé le vice-président élu » (Mike Pence) en lui fournissant des informations incomplètes sur ses discussions téléphoniques avec le diplomate russe.

     

    De nouvelles questions

     

    Loin de clore le chapitre sur la nature exacte des interactions entre l’équipe Trump et le Kremlin au cours des mois écoulés, cet épisode spectaculaire pourrait au contraire être l’élément déclencheur de nouvelles investigations.

     

    Flynn a-t-il agi de sa propre initiative ? Quelles informations a-t-il transmises à son interlocuteur russe ? Quand Trump a-t-il été informé de cette démarche et avec quels degrés de détails ? Pourquoi a-t-il attendu jusqu’à lundi soir pour se séparer de lui ?

     

    Le président américain ne s’est pas exprimé sur le sujet, mais son porte-parole a assuré que le général Flynn n’avait en aucun cas violé la loi.

     

    « Ce n’était pas une question de droit, c’était une question de confiance », a martelé Sean Spicer lors de son point de presse quotidien, tout en restant évasif sur le calendrier exact des faits.

     

    Conscient que l’épisode pourrait laisser des traces après une campagne au cours de laquelle le magnat de l’immobilier a, à plusieurs reprises, tressé des lauriers au président russe Vladimir Poutine, il a tenté d’envoyer des signaux inverses.

     

    « L’ironie est que le président a été incroyablement ferme face à la Russie », a affirmé Sean Spicer, citant les propos de l’ambassadrice américaine à l’ONU sur la Crimée.

     

    Un système dysfonctionnel

     

    La question est politiquement sensible : la Russie est l’un des rares sujets qui a provoqué de réelles tensions entre Donald Trump et les élus républicains du Congrès, par ailleurs plutôt loyaux car ravis de voir se mettre en place un programme résolument conservateur après deux mandats Obama.

     

    « La démission du général Flynn est une indication troublante du dysfonctionnement actuel de l’appareil de sécurité nationale », a souligné le sénateur républicain John McCain.

     

    Le sénateur républicain Roy Blunt, membre de la commission du Sénat sur le Renseignement, a suggéré que Michael Flynn soit entendu « très rapidement » dans le cadre de l’enquête au cours au Congrès.

     

    « Donald Trump doit aux Américains une explication complète sur les interactions de son administration avec la Russie, avant et après l’élection », a de son côté estimé la sénatrice démocrate Elizabeth Warren.

     

    Discussions controversées

     

    Lors de ses discussions téléphoniques avec l’ambassadeur de Russie, en décembre, Michael Flynn avait déjà été désigné à ce poste-clé, mais l’équipe Trump était encore en pleine période de transition, trois semaines avant de prendre officiellement les rênes du pouvoir.

     

    Au moment même où l’administration Obama ordonnait des sanctions contre la Russie pour son ingérence présumée dans l’élection américaine, Michael Flynn a-t-il assuré à son interlocuteur qu’il ne fallait pas trop s’inquiéter des nouvelles sanctions et que les relations s’amélioreraient après l’investiture le 20 janvier ?

     

    Lorsque l’existence de ces conversations téléphoniques avait fait surface au tout début de l’année, l’ancien général avait nié toute évocation des sanctions, mais est finalement revenu sur ses dénégations.

     

    La nomination de Michael Flynn avait suscité des remous. Des juristes s’interrogent désormais sur de possibles poursuites à son encontre sur la base du « Logan Act », loi qui interdit à des ressortissants américains non habilités de négocier avec des gouvernements étrangers en litige avec les États-Unis. Personne n’a cependant jamais été poursuivi sur la base de cette loi datant de 1799.

     

    Le général à la retraite Joseph Kellogg a été désigné pour assurer l’intérim au poste très influent de patron du Conseil de sécurité nationale (NSC).

     

    Le vice-amiral Robert Harward, ancien commandant adjoint du Commandement militaire central, et le général David Petraeus, faisaient partie des noms les plus cités pour remplacer Michael Flynn.













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