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    Trump s'éloigne de «la solution à deux États» entre Israël et la Palestine

    16 février 2017 | États-Unis
    Nicolas Revise - Agence France-Presse à Washington
    Jérôme Cartillier - Agence France-Presse
    Le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, est arrivé mercredi en milieu de journée à la Maison-Blanche pour rencontrer le président américain, Donald Trump.
    Photo: Saul Loeb Agence France-Presse Le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, est arrivé mercredi en milieu de journée à la Maison-Blanche pour rencontrer le président américain, Donald Trump.

    Marquant une rupture dans la politique américaine au Proche-Orient, Donald Trump a affirmé mercredi que la « solution à deux États » n’était pas la seule possible pour régler le conflit israélo-palestinien, assurant être ouvert à des alternatives si elles mènent à la paix.
     

    En accueillant à Washington son « ami » le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou, le nouveau président a vanté les liens indestructibles des États-Unis avec Israël, tout en appelant l’État hébreu à « la retenue » sur la poursuite de la colonisation dans les Territoires palestiniens.

    Lors d’une conférence de presse commune, M. Nétanyahou, qui entretenait des relations exécrables avec Barack Obama, a loué le nouveau locataire républicain de la Maison-Blanche, jugeant qu’il offrait « une occasion sans précédent » pour faire avancer la paix.

    « Il n’y a pas de meilleur soutien du peuple juif et de l’État juif que le président Donald Trump », a-t-il martelé.

    Notre gouvernement s’engage à travailler avec Israël et nos alliés communs dans la région pour davantage de sécurité et de stabilité. Cela comprend un accord de paix entre Israël et les Palestiniens.
    Donald Trump

    Rompant avec un principe de référence défendu depuis des décennies par tous les présidents américains — démocrates comme républicains —, M. Trump a affirmé qu’il n’était pas arc-bouté sur la solution à deux États : un État de Palestine coexistant en paix avec Israël.

     

    « Je regarde [la solution à] deux États et [la solution à] un État et [...] si Israël et les Palestiniens sont contents, je suis content avec [la solution] qu’ils préfèrent. Les deux me conviennent. »

     

    Mardi soir, un haut responsable de la Maison-Blanche avait indiqué que dorénavant Washington n’insisterait plus sur la solution à deux États et qu’il ne dicterait plus les termes d’un éventuel accord de paix entre Israël et les Palestiniens.

     

    Appel au compromis 

     

    Appelant les deux parties au compromis, il a en particulier exhorté les Palestiniens à se débarrasser de leur « haine » supposée à l’égard des Israéliens.

    M. Nétanyahou a lui posé ses conditions : il a jugé que la question des colonies, centrale pour les Palestiniens, n’était « pas au cœur du conflit » et a une nouvelle fois réclamé la reconnaissance « de l’État juif » d’Israël.

    Le chef de la droite nationaliste religieuse israélienne Naftali Bennett a estimé dans la foulée que l’idée d’un État palestinien était révolue. « Une nouvelle ère, de nouvelles idées, pas besoin d’un troisième État palestinien au-delà de la Jordanie et de Gaza », a tweeté le chef du Foyer juif, un parti fervent partisan de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-est occupées.

    Ce changement de position, évoqué dès mardi soir par un responsable américain sous couvert d’anonymat, a provoqué la colère des Palestiniens.

    Le numéro deux de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) Saëb Erakat a dénoncé une tentative d’« enterrer la solution à deux États et d’éliminer l’Etat de Palestine ».

    Le Hamas islamiste, au pouvoir à Gaza, a de son côté dénoncé « un jeu fourbe » de Washington.

    L’association progressiste américaine, J Street a jugé « terriblement troublants » les propos du nouveau président américain. « Comment peut-il y avoir une négociation lorsqu’il n’y a plus de consensus sur l’objectif final ? Pour être clair, aucune configuration à un État ne peut mener à la paix ».

    Pour Sallai Meridor, ancien ambassadeur d’Israël aux États-Unis, « il est difficile d’imaginer les Palestiniens, ou les pays arabes, participer aux négociations sans l’option d’un État palestinien sur la table ».

     
    Le cas de l'Iran 
     

    M. Trump a par ailleurs une nouvelle fois réaffirmé tout le mal qu’il pensait de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 entre Téhéran et les grandes puissances et dont M. Nétanyahou fut l’un des plus farouches détracteurs.

    C’est « l’un des pires accords » qui soit, a-t-il lancé, tout en se gardant bien d’annoncer sa remise en cause comme il l’avait fait en campagne lorsqu’il avait promis de le « déchirer ».
     

    « Mon gouvernement a déjà imposé de nouvelles sanctions à l’Iran et j’en ferai davantage pour empêcher à jamais l’Iran de développer une arme nucléaire », a promis le président américain.

    Quant au sujet potentiellement explosif du transfert éventuel de l’ambassade américaine de Tel-Aviv vers Jérusalem, le président des États-Unis a une nouvelle fois temporisé : « Nous y réfléchissons très très sérieusement […]. Nous verrons ce qui se passe. »













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