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    La pression monte pour que Trump s'explique

    De nouvelles révélations indiquent que l’équipe Trump était en lien avec les renseignements russes pendant la campagne

    16 février 2017 | Philippe Orfali - Avec Associated Press et l’Agence France-Presse | États-Unis
    Les démocrates souhaitent créer une commission d’enquête spéciale. Les républicains s’y opposent toutefois, pour l’instant.
    Photo: Robyn Beck Agence France-Presse Les démocrates souhaitent créer une commission d’enquête spéciale. Les républicains s’y opposent toutefois, pour l’instant.

    De nouvelles révélations sur les liens étroits entre des membres de la garde rapprochée du président Trump et la Russie ont plongé une fois de plus le gouvernement américain dans l’embarras mercredi.

     

    Alors que Donald Trump nie depuis son élection toute concertation avec le Kremlin, le New York Times a révélé mercredi que le FBI et la NSA ont intercepté des « appels nombreux et répétés » entre des proches de M. Trump, dont son ex-directeur de campagne Paul Manafort, et des responsables du renseignement russe pendant la course à la présidence.

     

    Ces échanges téléphoniques ont été découverts par les agences de renseignement à l’automne, au moment même où elles obtenaient des éléments permettant de croire que la Russie se trouvait derrière le piratage du Comité national démocrate, selon le Times.

     

    Bien qu’il ne semble pas qu’il y ait eu de collusion entre Moscou et l’équipe de M. Trump dans le dossier du piratage, cette proximité inquiète vivement l’appareil gouvernemental américain, et des élus de toutes les allégeances politiques ont réagi avec stupeur aux révélations.

     

    « Qui commande ? » s’est alarmé le sénateur républicain John McCain, en référence à l’apparent chaos aux plus hauts échelons du gouvernement américain.

     

    Déjà, lundi, le conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, a été forcé de démissionner en raison de ses liens avec la Russie. Les écoutes téléphoniques de l’ambassadeur russe à Washington, Sergey Kislyak, ont également révélé que Michael Flynn lui avait parlé des sanctions américaines imposées le 29 décembre par Barack Obama, laissant entendre qu’elles pourraient être suspendues après l’alternance. Le président républicain n’a pas commenté l’affaire russe mercredi. Il a en revanche pris la parole pour dénoncer les fuites qui alimentent la presse et qui l’ont poussé à se séparer de son conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, lundi soir. « Il a été traité très, très injustement par les médias », s’est plaint le président Trump lors d’une conférence de presse avec le premier ministre israélien à la Maison-Blanche. Il a qualifié les fuites d’« actes criminels » et montré du doigt le FBI et la NSA sur Twitter.

     

    La Maison-Blanche soutient qu’elle n’a pas poussé M. Flynn vers la sortie en raison de ses communications avec l’ambassadeur russe, mais plutôt parce qu’il n’a pas été honnête avec le vice-président Mike Pence quant au contenu de ces discussions. M. Flynn a assuré pendant des semaines qu’il n’avait pas abordé la question des sanctions imposées par Barack Obama à la Russie. Il a toutefois admis par la suite que le sujet pouvait avoir été évoqué

     

    Vers une commission d’enquête ?

     

    De leur côté, les démocrates souhaitent aller plus loin et créer une commission d’enquête spéciale, comme celles chargées d’enquêter sur le Watergate ou le 11-Septembre. Les républicains s’y opposent toutefois, pour l’instant.

     

    Il est cependant acquis que Michael Flynn devra comparaître devant les parlementaires afin d’expliquer ses gestes. La question sur toutes les lèvres : avait-il reçu pour mission du président désigné d’envoyer un message à Moscou sur une éventuelle levée des sanctions imposées par son prédécesseur ? La Maison-Blanche a catégoriquement nié mardi l’existence d’un tel marché.

    Un ministre désigné par Trump forcé de se retirer Washington — Andrew Puzder, le p.-d.g. d’un groupe de restauration rapide nommé par le président Donald Trump au poste de secrétaire au Travail, a retiré mercredi sa candidature, plombée par des révélations sur d’anciens épisodes de sa vie personnelle.

    « Je retire ma candidature au poste de secrétaire au Travail, a déclaré Andrew Puzder dans un communiqué transmis à plusieurs médias. Bien que je ne serve pas dans le gouvernement, je soutiens pleinement le président et son équipe de grande qualité. »

    « Il s’est retiré », a confirmé le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, à des journalistes.

    Il est le seul membre du futur gouvernement Trump à être ainsi tombé, une humiliation pour le président républicain, qui n’a toujours pas son équipe complète en place en raison de l’obstruction sans précédent de l’opposition démocrate au Sénat, lequel est chargé d’approuver chaque nomination.

    « Andy Puzder a pris une bonne décision en se retirant », s’est félicité le sénateur républicain Marco Rubio.

    En moins d’un mois au pouvoir, Donald Trump a vu la suspension par la justice de son décret sur l’immigration, la démission de son conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, et maintenant celle d’un de ses ministres potentiels.

    Pour être confirmé à son poste, Andrew Puzder aurait eu besoin d’au moins 51 voix de sénateurs sur 100. Mais plusieurs des 52 républicains ont renoncé à le soutenir, et les démocrates avaient promis de voter contre. Constatant l’impossibilité de la tâche, M. Puzder a renoncé.

    Plusieurs affaires l’ont rattrapé. Il a récemment reconnu avoir employé au noir une femme de ménage en situation irrégulière pendant plusieurs années. Il a depuis payé les arriérés d’impôts.

    Puis l’affaire de son divorce difficile en 1987 a refait parler d’elle en raison des accusations de violences conjugales proférées par son ex-femme, qui est ensuite revenue sur ses propos. Le site Politico a retrouvé le témoignage sous couvert d’anonymat de son ex-épouse, Lisa Fierstein, dans l’émission de télévision d’Oprah Winfrey en 1990.

    Ces récentes révélations ont dissuadé plusieurs républicains de faire bloc autour de l’homme. La minorité démocrate, elle, y était opposée depuis le départ en raison des positions du chef d’entreprise à l’égard du droit du travail et de la façon dont il gérait son réseau de restaurants Carl’s Jr. et Hardee’s.

    « Nous ne voulons pas d’un secrétaire au Travail qui gagne des millions pendant que ses employés gagnent à peine de quoi manger », a déclaré le sénateur Bernie Sanders.
    Agence France-Presse












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