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    La p'tite biblio C'est l'histoire d'une petite bibliothèque sauvage installée devant une porte. Des feuilles, des bouquins y sont laissés puis voyagent, épiés par la propriétaire de cet «hôtel de passe» pour mots. En découlent d'autres histoires, de voisinage celles-là, que vous raconte ici Catherine Lalonde.

    En attendant mon drone

    19 septembre 2016 21h27 |Catherine Lalonde | La p'tite biblio
    C’est encore l’imagination, pour l’instant, qui répond aux questions de proche avenir sur la livraison de livres par drone.
    Photo: Boris Horvat Agence France-Presse C’est encore l’imagination, pour l’instant, qui répond aux questions de proche avenir sur la livraison de livres par drone.
    C’est dans un futur si proche qu’on pourrait presque dire demain, si on en croit les nouvelles, qu’un drone à mon service personnel pour quelques heures livrera à ma porte les commandes de livres faites à un géant du commerce Internet.

    Saura-t-il sonner à ma porte, ce petit robot volant ? Si oui, parlera-t-il français et sera-t-il bien poli lorsque j’ouvrirai, décoiffée, mal engueulée, fin prête à revirer scouts et témoins de Jéhovah ? Pourrais-je le nommer ? Soulèvera-t-il de sa mécanique patte, bras canadien 7.0 miniaturisé, le couvercle de la boîte aux lettres pour y glisser le paquet ? C’est encore l’imagination, pour l’instant, qui répond à ces questions de proche avenir.

    Et on peut déjà, dit-on aussi, grâce à l’impression à la demande, se faire imprimer un livre « in Québec », disponible dans une librairie au choix en un peu plus qu’une semaine. Pourvu que l’éditeur du livre désiré soit inscrit contre deniers sonnants à un tel service.

    Gallimard n’y est pas. En attendant mon drone, il me faut patienter cinq à huit semaines afin que les premiers Elena Ferrante, Poupée volée et L’amour harcelant, non disponibles actuellement au Québec, traversent tranquillement l’Atlantique en bateau, très XIXe siècle dans leur dandy manière de voyager ; histoire que je survive, les lisant, à l’incommensurable manque provoqué par le délai de traduction du tome III de L’amie prodigieuse (« Comment, pas avant 2017 ??? Mais ce tome est déjà sorti en anglais, en turc ??? »), superbe saga, lecture tant aimée que tout me tombe des mains depuis. Rien ne me semble plus arriver à la cheville de ces grands romans. La désintoxication, jusqu’à présent, se passe fort mal. Je songe sérieusement à une « crash class » d’italien.

    Reste cette impression de vivre dans un temps déplié, comme un origami défait où lenteur, passé, vitesse et avenir laissent leurs rides sans vraiment prendre une actuelle forme.












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